Biographie de l’abbé Fontaine

Enfance et jeunesse.

Ses parents sont de milieu modeste et habitent au centre de Paris. Son père après avoir était domestique, devient employé à la gare d’Austerlitz. Sa mère, couturière, est concierge d’immeuble. Sa famille connaît les jours difficiles de la guerre de 1870, du siège de Paris et de la Commune.

À 12 ans, Daniel entre comme commis à la maison Hachette, mais, vu son intelligence, il suit des cours du soir et complète sa formation scolaire grâce un homme d’œuvres généreux. Il fréquente le patronage proche de Montparnasse, organisé par les frères de Saint-Vincent-de-Paul. Il y fait la connaissance du père Emile Hello qui aura une grande influence sur lui et l’amène à prononcer un vœu de chasteté à l’âge de 17 ou 18 ans. Il se souviendra d’un pèlerinage à Rome et d’une audience de Léon XIII qui le recevra plus d’une heure et demie.

Frère de Saint-Vincent-de-Paul.

Daniel est séduit par la dévotion à la Vierge et l’amour des pauvres promus dans la toute jeune congrégation des Frères de Saint-Vincent-de-Paul. Après son noviciat et des études de philosophie, il va à Rome étudier la théologie et le droit canonique.

Rome.

Logé au Séminaire français, il noue de solides amitiés et y découvre d’éminents professeurs qui le marqueront à tout jamais. Il découvre les vieux monuments romains, les fastes pontificaux, mais aussi la pauvreté des jeunes laissés à l’abandon par leurs familles et par l’Eglise. C’est là qu’il approfondit sa triple dévotion : au Sacré-Cœur, à la Vierge de la Salette et à Saint-Vincent-de-Paul.

Il est ordonné sous- diacre à Paris le 19 septembre 1885, diacre à Rome le samedi saint 1886, et est ordonné prêtre à Saint-Jean de Latran le 4 juin 1887. Il rentre alors à Paris nanti de ses diplômes.

Maître des novices. (1889–1895)

Bien formé, il est rapidement choisi comme maître des novices, tout en dirigeant un patronage. Durant cinq ans, il formera plus de 80 candidats à la vie spirituelle, mais avec beaucoup de difficultés, étant donné que les jeunes recrues sont trop rapidement envoyées en mission dans les œuvres de la congrégation. Ce sera une source de conflit entre Daniel et ses supérieurs. Néanmoins il contribuera à donner à la congrégation un noviciat digne de ce nom.

L’œuvre des orphelins–apprentis d’Auteuil. (1895–1901)

L’œuvre fondée par un ancien Frère de Saint-Vincent de Paul entré dans le clergé diocésain de Paris, connaît d’énormes difficultés tant au niveau de son fonctionnement que de ses finances. Daniel a fort à faire pour redresser la situation en renvoyant du personnel non qualifié, en éduquant les jeunes orphelins, et en remboursant les dettes considérables de l’institution.

Il met sa santé en danger, d’autant plus qu’il est de tempérament bouillant, agissant parfois sans beaucoup de réflexion. Il entre à nouveau en conflit avec ses supérieurs qui le sollicitent pour soutenir financièrement les besoins de la congrégation. Il s’oppose également à la réélection du responsable général au chapitre 1896, ce qui envenime ses relations avec ses confrères.

Aumônier militaire à Arras.

Son supérieur l’éloigne de Paris en l’envoyant remplacer un confrère qui s’occupait de l’œuvre militaire d’Arras. Rapidement, Daniel développe la récitation du rosaire et la confession fréquente auprès des jeunes militaires qui l’apprécie. Il assure également de nombreuse prédication dans les paroisses et auprès des religieuses du diocèse. Il retrouve dans cette ville son ami Joseph Raux, connu à Rome, et qui s’intéresse à un christianisme communautaire soucieux de louer Dieu et de vivre une communauté presbytérale.

Tenu à distance de sa congrégation il s’interroge sur ses liens avec elle est sur la manière de continuer à vivre ses vœux. Il entame alors une longue recherche, quelque peu désordonnée dans différentes congrégations qui tentaient d’unir la prière liturgique de l’office divin et une activité pastorale, même si elle s’accompagne d’une relecture avec Joseph Raux. Finalement il se résout à demander la dispense de ses vœux et quelques jours plus tard il les refait entre les mains du cardinal Richard archevêque de Paris qui l’apprécie.

Clichy.

Il est nommé vicaire à la paroisse Saint-Vincent-de-Paul et est envoyé dans un nouveau quartier encore en friche où vivait nombre de chiffonniers. Rapidement, Daniel Fontaine va conquérir leur cœur en tentant de soulager leurs souffrances matérielles mais aussi spirituelles : il crée des catéchismes regroupant chaque jour plusieurs centaines d’enfants et les prépare à la première communion en leur donnant une instruction religieuse. Il est progressivement aidé par plusieurs confrères, avec lesquelles il tente parfois une vie communautaire mais sans grand succès.

En 1907, la chapellenie est érigée en paroisse dont Daniel devient le premier curé. Il y accomplit un apostolat classique : catéchèse, préparation sacrements, visites des malades. À quoi s’ajoute la création de nombreuses œuvres, des ateliers, des syndicats, des boutiques, des écoles fondamentales et secondaires. Il tente ainsi d’atteindre les masses éloignées de l’Eglise. Il reprend le journal local et anticlérical qui périclitait et en fait un journal chrétien de grande tenue grâce aux intellectuels qu’il s’adjoindra, tels que Paul Claudel, Claude Dumesnil, François Mauriac.

Accompagnateur spirituel.

Sa réputation lui amène des personnalités culturelles de la capitale. Joris–Karl Huysmans, Lucien Descaves, Louis Massignon, Claudel, Gide, Rivière, Maritain, etc.

Si Fontaine est un esprit averti est un homme cultivé, il ne cherche cependant pas à soutenir la conversation avec ses hommes. Ce qu’il cherche, c’est à les accompagner sur le plan spirituel et à leur permettre de progresser dans la foi ou dans leur réflexion humaine pour ceux qui gardent une certaine distance.

Saint-Antoine- des- Quinze- Vingts.

Daniel est envoyé remplacer le curé de cette paroisse qui vient d’être nommée évêque. C’est une paroisse nouvelle où l’on vient d’achever la construction des bâtiments nécessaires à sa vie : presbytère, église, maison d’œuvres. Daniel y assume les tâches pastorales habituelles en étant souvent seul, car les vicaires ont été mobilisés par la guerre. Il transforme le théâtre paroissial en une chapelle dédiée au Cœur immaculé de Marie. Il fait venir dans la paroisse des religieuses. En quelques mois, il consacre plus de 350 familles au Sacré-Cœur après les avoir préparées par une mission domestique.

Sa quête spirituelle.

Ayant quitté les frères, Daniel estime ne pas pouvoir « reprendre à Dieu ce qu’il lui avait donné une fois » c’est-à-dire les vœux religieux. Dès lors il n’a de cesse de retrouver une forme de vie consacrée. Il passe ainsi chez les chanoines réguliers de dom Gréa, puis à l’Oratoire de saint Philippe Neri, puis chez les adorateurs du Saint-Sacrement…. Il tente même d’être réadmis en esprit dans sa congrégation de départ. Il est séduit par des groupes de prêtres communautaires qui se développent dans le diocèse de Paris, mais qui ne font aucun vœu.

La société du cœur de Jésus.

Ne trouvant pas ce qu’il cherche, malgré une quête inlassable, il va trouver de manière providentielle ce qui lui convenait. S’étant étonné de la vie spirituelle intense d’une de ces paroissiennes, il apprendra que celle-ci est une Fille du Cœur de Marie. Celle-ci lui fait redécouvrir l’œuvre de Pierre de Clorivière dont il avait entendu parler lors de sa formation romaine.

Soutenu par des jésuites et mis en contact avec une assistante générale des Filles du Cœur de Marie, il est encouragé à relancer la fondation de Clorivière. S’étant longuement informé, il prend la décision en juillet 1918 de rétablir la Société du Cœur de Jésus. Il fait appel à d’ancien condisciple du Séminaire français et à d’autres prêtres renseignés par les Filles du Cœur de Marie. Le 29 octobre 1918, au Martyrium de Montmartre, là où Ignace de Loyola et ses compagnons avaient pris leur premier engagement et où Clorivière, en 1791 avait fondé la Société, Fontaine, Viennot et Bois, un prêtre d’Arras, s’engagent à relancer celle-ci. Dès le mois de janvier suivant des candidats se présentent et de retraites sont mises sur pied l’été 1919, à Florennes en Belgique. Les membres s’organisent en petits groupes diocésains.

Le 9 novembre 1920, lors d’une réunion du groupe parisien, Daniel, après consultation de tous, se choisit un assistant qui lui succéderait en cas de besoin, « car le ne sait jamais arriver de promotion peut du qui ce ».

24 heures plus tard, soit le 10 novembre 1920 vers 22 h, Daniel meurt après une courte agonie consécutive à une congestion cérébrale. Les fondements de la Société étaient posés.

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août 18, 2018

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