Lettre de Pâques

                                                   

    Le 14 avril 2019                                                     

                       

                        Chers amis

 

Dans ma paroisse (Chemillé, diocèse d’Angers), l’équipe de laïcs qui avait préparé la veillée pascale, avait précisé que le geste de paix devait être fait « à la manière des orthodoxes » : Que chacun à ce moment se salue en proclamant à haute voix « Christ est ressuscité » et qu’ainsi la joie de Pâques pénètre encore mieux jusqu’au fond des cœurs.

Pour nous, cela doit être une façon de mettre en œuvre l’exhortation apostolique « La joie de l’Evangile » de notre pape François. Je reprends l’introduction :  La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. En ces mois où nous sommes tous très affectés par les abus sexuels, abus de pouvoir et de conscience, commis par un nombre important de clercs et de personnes consacrés dans beaucoup de nos pays, nous pouvons être tentés par la tristesse, le vide intérieur, le repli sur soi. Continuons cependant l’exhortation : J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. Il n’y a pas de motif pour lequel quelqu’un puisse penser que cette invitation n’est pas pour lui, parce que « personne n’est exclu de la joie que nous apporte le Seigneur. (….). Personne ne pourra nous enlever la dignité que nous confère cet amour infini et inébranlable…Ne fuyons pas la résurrection de Jésus, ne nous donnons jamais pour vaincus, advienne que pourra. Rien ne peut davantage que sa vie qui nous pousse en avant !

           

L’année qui vient va nous permettre préparer notre prochaine Assemblée générale. Elle aura lieu du lundi 17 août à 16h au mardi 25 août au matin dans la même maison qu’en 2014, toute proche de Paris. En juin, vous recevrez les questionnaires qui vous permettront de relire les six années écoulées en regard des orientations que nous avons définies pour notre Institut et notre Famille à Fontenay.

A cette lettre s’ajoutent deux témoignages : le premier décrit l’initiative « séculière » d’un curé de paroisse, un engagement pour le bien commun, à l’occasion de la crise des gilets jaunes dont les manifestations les plus spectaculaires à Paris ont été diffusées dans le monde entier. Le second nous décrit la vie ordinaire d’une équipe PCJ au sein de la Famille Cor unum. Merci à nos deux frères qui ont pris le temps de rédiger pour nous tous ces témoignages.

            En ces jours où nous célébrons la résurrection du Christ, nous prions plus spécialement pour nos frères décédés depuis un an. Nous pensons également à ceux qui sont isolés, malades, dépendants. Que cette lettre puisse leur parvenir comme le signe tangible de notre union fraternelle.

 

Fraternellement, Jean Hugues Soret, responsable général des PCJ

 

Des gilets jaunes au Grand débat…

Depuis le mois de novembre 2017, les routes françaises sont marquées par la présence quotidienne de manifestants. Ils ont pris l’habitude de se concentrer sur les ronds- points. On les remarque à la chasuble jaune, très visible, qu’ils arborent ostensiblement. Au début, ils bloquaient régulièrement le passage des automobilistes. Après des mois d’activités, ils laissent passer le trafic routier mais organisent chaque samedi de véritables expéditions punitives à Paris ou dans les grandes villes. A ces moments- là, la manifestation tourne très souvent à l’attaque en règle contre l’état et ses symboles.

Pourquoi cette colère contre l’Etat et les représentants de la nation ? Les protestataires viennent de la campagne et des petites villes. Depuis plusieurs décennies, ils ont le sentiment que leur niveau de vie baisse. La santé, l’école, la poste sont mal assurés par les services publics.  Les élus ont tenté de répondre à ce désarroi en ouvrant spontanément des « cahiers de doléance ». Ils ont rencontré un certain succès. Le président de la République a voulu élargir l’initiative en proposant de lancer dans chaque commune un Grand débat national.

A Brioude (diocèse du Puy), le maire a proposé aux citoyens de s’organiser. Il était d’accord pour mettre des locaux à la disposition du Débat mais il voulait rester neutre. Nous avons été trois à nous proposer comme organisateurs. Pour ma part, j’ai fait connaître le questionnaire envoyé en décembre par la Conférence des évêques de France. Le 8 février 2019, une centaine de personnes se sont retrouvées à la salle de l’Instruction. Chacun a pu prendre la parole. Chacun a écouté le point de vue de l’autre.  Les participants ont retrouvé le temps d’une soirée le plaisir d’une confrontation citoyenne.

Découvrir le curé de la paroisse comme animateur d’une confrontation démocratique en a surpris plus d’un.  Réaliser que les évêques réfléchissent à la qualité de la vie séculière a étonné. Mais, au dire d’une journaliste présente, les participants ont vite oublié le caractère sacerdotal de l’animateur. Sur les cinq questions proposées par les évêques, toutes n’ont pas été traitées en deux heures. Mais le bien commun a été servi. Le vivre ensemble a progressé. Les participants se sont étonnés les uns les autres et ont dépassé les clichés et les idées convenues.  Belle surprise en ce mois de février 2019 !

Emmanuel CHAZOT, curé de Brioude, PCJ

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Notre équipe PCJ Lorraine I se retrouve, à six, chaque mois à Neufchâteau. Cette équipe a pu intégrer trois confrères prêtres Fidei donum africains et c’est une grâce. Nous commençons chaque rencontre par la prière de tierce, puis vient le tour de table sur ce qui a marqué pour chacun le mois écoulé. Avant de passer à table, nous célébrons l’Eucharistie. En début de l’après-midi , nous achevons le tour de table. Ensuite, nous décortiquons une fiche du dossier de formation surtout à l’intention des nouveaux dans l’équipe.

Au niveau de la fraternité Nord-Est, nous avons convenu que cette équipe PCJ Lorraine I me sert de Conseil pour entre-autres préparer les deux temps-forts de retrouvailles en Famille Cor Unum : c’est-à-dire localement, les PCJ et la SVE.

Chaque année en effet, nous nous retrouvons :

– pour une récollection à Peltre près de Metz le 3° dimanche de l’Avent et le lundi qui suit.

– le vendredi de la fête du Sacré-Cœur, au Centre Spirituel Diocésain de Nancy.

Ces rendez-vous mobilisent respectivement 25 et 30 participants.

En décembre 2018, nous avions invité une responsable CVX qui nous a rappelé les bases de la spiritualité ignacienne que nous avons en commun. Elle a insisté sur la relecture et nous a aidé à la mettre en pratique en carrefours.

Pour la fête du Sacré-Cœur qui approche, nous serons invités à “prendre à cœur les événements” qui nous entourent, au titre de notre sécularité c’est-à-dire, de notre attention au monde qui nous entoure.

Claude PIERRE, responsable de la fraternité de l’Est

avril 10, 2019

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