Premier Jour

L’annonciation

  1. Prier en contemplant l’icône.

Où la scène se déroule-t-elle ?

            Elle se déroule sur un fond de grisaille : nous sommes dans l’ordinaire des jours.

            Elle se passe sur la terre : nous observons des maisons, un temple à l’arrière- plan ;

à l’avant une rivière au bord de laquelle se trouvent de nombreux animaux : toute la création se poursuit. Marie est assise sur un tabouret carré qui figure la terre

            A l’arrière plan, le Temple : son voile s’entrouvre pour accueillir celui qui est le Temple nouveau (« détruisez ce temple et en trois jours je le re bâtirai ») ;

On y voit un nid avec deux colombes, signe de l’alliance ;

Marie est le temple de l’Esprit et elle abritera la présence de Dieu en donnant vie à Jésus.

Les personnages :

l’ange : il est vêtu de couleur ocre–rouge qui symbolisent la divinité ;

son vêtement à la forme d’une flamme : il est symbole de la lumière de Dieu qui vient éclairer et réchauffer ;

son aile est bleutée : il est messager de Dieu envoyé sur la terre (bleu).

Marie : elle est assise sur un trône, celui de la Sagesse dont elle deviendra le siège en accueillant Jésus qui est la Sagesse de Dieu ;

elle porte une robe bleue plissée : qui souligne son humanité ; quant aux plis, il suggère les tempêtes du monde et celles qu’elle connaîtra ;

son manteau est rouge, couleur de la royauté de Dieu et de l’amour dont elle a revêtu à l’avance (Immaculée Conception) ;

son regard est tourné vers l’extérieur et avec sa main gauche elle désigne son fils représenté sur un autre panneau qui jouxte notre icône. ;

Sa main droite abandonne la quenouille : elle quitte son ouvrage pourrait être entièrement disponible à l’appel de l’ange.

La colombe : figure l’Esprit Saint qui vient sur Marie tout entière accaparée par le mystère qui s’accomplit.

La banderole : habituellement une icône reçoit un nom, elle est baptisée. Ici, c’est un rappel de Jn 1, 1–2 : « au commencement était la parole. Elle était vie et lumière des hommes ».

Pour approfondir la prière. (Lc 1,26-38)

            À partir de l’observation du lieu où se déroule la scène de l’annonciation, je peux m’interroger devant le Seigneur en regardant l’ordinaire de ma vie. Est- il fait de grisaille ? De lumière ? Je peux penser à ma journée ou aux journées précédentes.

            Je peux m’interroger sur ma terre aujourd’hui. J’admire la création qui m’entoure, dans la chambre, dans ma maison, le jardin de la maison de repos où je vis désormais…

            J’observe la vie qui s’y active aujourd’hui : les personnes que je côtoie, le personnel de soins ou de service dans la maison de repos….

            En regardant l’ange je m’interroge sur la lumière qui anime aujourd’hui ma vie : telle personne qui me rend visite, le personnel des soins, des  nouvelles reçues par téléphone, par courrier postal, dans le journal….

            Je vois ce qui m’a réjoui, ce qui était une bonne nouvelle pour moi ces derniers temps.

            Je me demande quel est mon attente du Messie. Je peux en approfondir les titres en m’appuyant sur saint Lc 1,32–33.

            En regardant Marie je m’interroge sur mon « vêtement » : est-il imprégné de terre, de divin ? Ou des deux ?

            Je médite les propos de Paul sur le Temple que nous sommes : 1 Co 3,16 ;6,13-20 ; 2 Co6,16 ; Eph 2,21. Je peux reprendre Hé 3,16 ; 1 Pi 2,4. Je peux encore méditer la prophétie de Nathan à David (2 S 7, 11–16) ; le ps 89 (88) qui la reprend.

            Comme Marie suis-je capable d’abandonner mes occupations pour me centrer sur la Parole ?

            À partir des deux petites colombes : en Jésus l’alliance se renouvelle. En Gal 4,22–23, Paul éclaire les deux alliances symbolisées par Agar (l’alliance du Sinaï qui engendre la servitude de la Loi sous laquelle se trouve le judaïsme (la Jérusalem d’en bas) ; et l’alliance avec Sarah, la femme libre et la mère des croyants, symbolisant la Jérusalem d’en haut.

            À partir de la colombe : elle évoque l’Esprit Saint, déjà présent à la première création (Gn 1, 1) et qui engendrent la vie.

            Je peux demander au Seigneur l’une ou l’autre grâce : accueillir les imprévus de Dieu comme Marie ;

            demander la liberté pour acquiescer à l’appel de Dieu ;

            connaître la paix qui habite le cœur de Marie ;

            m’ouvrir à la promesse du salut dans le concret de ma vie. Être libre de tout attachement désordonné.

  • Méditation avec P. de Clorivière

            Les vertus de Marie sont dignes d’admiration. Il n’y en a pas eu en elle qui n’aient été au plus haut point de perfection, et fort au-dessus de tout ce que l’entendement humain peut en concevoir.

            Les anges eux-mêmes, dans la gloire, admiraient ses vertus dont le spectacle était nouveau pour eux. Sans elle, auraient-ils jamais cru que tant de sagesse pût se trouver dans une pure créature, qu’une prudence si exquise et si consommée pût être le partage d’une jeune vierge, qu’une humilité si profonde, qu’un mépris de soi-même si grand et si parfait pût se concilier avec tant de faveurs et d’élévation ?

            Mais qui eût-il jamais de plus merveilleux et de plus grand que les œuvres tant intérieures qu’extérieurs qui furent l’effet et le fruit de ces vertus ? Les moindres mêmes furent plus parfaits et plus agréables au Seigneur, que nous ne pourrions nous l’imaginer. Que dire donc, que penser de celles qui furent les plus éclatantes, de l’offrande, par exemple, qu’elle fit de son Fils et du courage avec lequel elle monta au sur le calvaire et se tint debout au pied de la Croix !

            Si le souvenir de ces choses ne nous frappe pas d’étonnement, si nous y pensons sans être saisis d’admiration, à qui devons-nous attribuer se de fautes sensibilité, sinon aux idées imparfaites et bornées que nous nous en formons ? Efforçons-nous de les rectifier et de les élever en méditant souvent sur ce qui renferme la qualité de « Mère admirable » et toutes les fois qu’elle se présente à notre esprit, félicitons Marie et rendons en grâce au Seigneur de ce qu’il a fait éclater en elle les merveilles de sa puissance, comme elle le dit elle-même dans ce cantique divin qui est tout à la fois l’expression de sa reconnaissance et de son humilité : « Fecit mihi magna qui potens est” (le puissant fit pour moi de grandes choses).

            […] La Reine de tout ce qui est créé se met au dernier rang. […] Quel exemple pour nous !

            En quoi ? En tout, dans les plus petites circonstances, dans celles qui paraissent indignes d’elle, indigne de son Fils.

            Comment ? Qui peut pénétrer dans la sublimité de ses motifs ? Elle ne voit que Dieu, elle s’anéantit devant son infinie grandeur, elle ne voit rien en elle-même que la dernière des servantes du Seigneur : « Ecce ancilla Domini » (voici la servante du Seigneur) … tout son extérieur répond aux sentiments dont elle est pénétrée.

            Humilité de Marie : elle se dépouille devant les hommes de ses grandeurs. Elle se confond avec le reste des femmes. Sa virginité dont elle est si jalouse, la qualité de Mère de Dieu, tout cela disparaît dans ce mystère.

            Elle paraît revêtue de toutes les misères et les bassesses annexées à la condition de l’homme pécheur, à toutes les faiblesses de son sexe. Rien en elle ne fait connaître combien elle est supérieure aux autres femmes […]

            Humilité prodigieuse qui semblerait induire les hommes en erreur sur les grandeurs de son Fils, sur les siennes. Prodigieuse par les sentiments dont elle est accompagnée….

            Esprit de sacrifice en Marie : elle se sacrifie elle-même en s’abaissant, en s’humiliant.

            Elle ne met pas de réserve dans son sacrifice. Son âme, son esprit, sa volonté, son corps, tout est offert. C’est un holocauste parfait consumé dans les ardeurs du plus pur amour […]

            Elle fait tout cela pour le salut des hommes. Le cœur de la mère et celui du fils ne font qu’un, c’est le même sacrifice […]

            Nous nous efforcerons de retracer en nous toutes les vertus de celles que nous regardons comme notre mère. Nous étudierons ses vertus dans ces différents mystères : [notamment] dans le mystère de l’annonciation. […]

            Dieu n’a pas permis qu’elle vécue séparée du monde, afin que nous puissions spécialement nous glorifier de suivre un si beau modèle.

            Ce modèle est offert à tous, mais il est à nous d’une manière particulière […]

            Efforçons-nous de l’imiter suivant la mesure et l’étendue de la grâce qui nous est donnée.[…]

            La parole du Christ : « Celui qui s’humilie sera exalté » s’est accomplie en Marie, Marie s’est humiliée au-dessous de toutes les créatures et ainsi elle a mérité d’être exaltée au-dessus de toutes les créatures.

                                                         Neuvaine en l’honneur de Notre-Dame. 1763 (in « Voilà votre mère. Chapitre 13, page 80

            […] qui pouvait attirer ce regard divin sur Marie ?

            Elle jette un coup d’œil réfléchi sur elle-même, elle ne trouve dans son propre fond que bassesse et néant.

            Quoi que la vertu d’humilité ait été ce qu’il a disposé principalement à son élévation suivant cette parole : « celui qui s’humilie sera exalté », il n’en est pas moins vrai que Marie, tout occupée à rehausser la grandeur et la bonté de son Dieu, n’avait pas l’intention de relever en elle une vertu dont le propre est de se dérober d’autant plus à ses propres yeux qu’elle est plus belle et plus admirable aux yeux des autres. D’ailleurs elle savait trop bien que la créature ne peut jamais à proprement parler, s’humilier devant Dieu, parce que s’humilier c’est prendre un rang au-dessous de celui qu’on mérite….

            Elle compare donc sa propre bassesse avec la grandeur infinie de Dieu, qui n’a pas dédaigné de se renfermer dans son sein, et l’union de deux extrêmes, si peu proportionnée : l’être de Dieu et son être propre, est une merveille qu’elle ne peut se lasser d’admirer et de contempler.

À la vue de la majesté divine, ses perfections, ses beautés, ses privilèges, ses vertus, tout est éclipsé, tout s’ évanouit en quelque sorte, pour ne lui laisser apercevoir que ce qu’elle a de commun avec nous, ce qui est essentiel à tout ce qui n’est pas Dieu, le néant de son origine et la dépendance entière de son être.

            Notre Auguste Reine se glorifie de la qualité de « servante du Seigneur », c’est celle qu’elle prend dans toutes les occasions, parce que c’est la seule qu’elle regarde comme lui appartenant en propre et comme essentiel à son être.

            Elle avait déjà pris cette qualité quand l’archange Gabriel vint la saluer de la part de Dieu même et qu’elle donna à ses paroles ce consentement qui soumettait, en quelque manière, son Créateur à ses lois et d’où dépendaient le sort de tous les êtres créés. Avec quels sentiments de gratitude et d’amour la prend-elle encore de nouveaux dans le Magnificat ! Apprenons d’elle comment il est glorieux pour nous d’être les serviteurs de Dieu.

            Marie oppose la qualité de « servante » à la dignité de Mère de Dieu, que sainte Élisabeth lui donne. Elle abandonne au Seigneur le soin de manifester, s’il lui plaît, le rend sublime auquel il l’a élevée. Elle suit le penchant de son humilité, et, contente de protester de son entière dépendance, elle ne désire pas que les hommes jettent les yeux sur elle, si ce n’est pour exalter en elle les miséricordes infinies du Seigneur

            L’Esprit Saint, qui l’avait choisie pour son Epouse bien-aimée, l’avait revêtue de sa force, comme il l’avait embrasée de son amour ; il l’avait rendu capable des plus grandes choses et ne craignait pas que la connaissance qu’il lui en communiqua donnât la moindre atteinte à son humilité.

            Non seulement il lui fit connaître tout ce qu’il avait opéré en elle, pour aller par elle, mais encore il en dévoila toute la grandeur à ses yeux, et cette grandeur que Marie se fait un devoir de publier : « celui qui est tout-puissant fait en moi de grandes choses ».

            Son humilité, bien loin de diminuer à ses yeux les bienfaits du Seigneur, eût été plutôt capable, s’il eût été possible, d’en hausser la valeur. Mais tout investie qu’elle est de tant de splendeur, elle n’en est pas éblouie, et pratique excellemment ce que l’Apôtre nous a depuis enseigné : d’être pauvre au sein des plus grandes richesses.

                                                                                                                            Commentaire du Magnificat, in « Voilà votre Mère, pp 84–85.

            Prions-la de nous en communiquer quelques parcelles, selon notre faible capacité. Ne doutons ni de son pouvoir, ni de sa bonté, et, pour suppléer à ce qui nous manque, ayant soin d’offrir souvent à son divin Fils son cœur maternel tout brûlant du plus pur amour (

                                     Lettre à Adélaïde de Cicé, in « Voilà votre mère. Extraits des œuvres du Père de Clorivière pp 84–86.

            O Marie, vous êtes la Reine du ciel, et, en cette qualité, vous êtes exaltée très haut au-dessus de l’heureuse assemblée des saints, et des anges, louez, révérer, admirer par tous…

            Au nom de cette gloire et de cette souveraine élévation dont vous jouissez comme de la récompense de vos mérités de votre humilité, obtenez moi une grâce efficace pour imiter votre humilité de telle manière que je puis sortir de l’état d’abjection où mon orgueil et mon péché m’ont jeté. Ainsi soit-il

       Neuvaine en l’honneur de Notre-Dame. 1763 in « Votre mère ». Chap 10 : Marie, miroir et modèle de toutes les vertus. p. 86

  • Nos références

LV : 40 : libre pour aimer dans la chasteté ; 43 : le célibat rend libre ; 44 : le mariage rend libre 

PCJ : 65 : la chasteté libératrice du Christ ; 71 : faire grandir en nous l’amour sans partage ;

          73 : disponibilité plus grande vis-à-vis des hommes ;

ISF : 75 : la chasteté du Christ exprime sa liberté… Elle est libératrice pour ceux et celles qui le rencontrent ; 81 : la chasteté est appel à un amour libre.

SVE : 26 : les membres s’engagent par une libre promesse faite à Dieu ; 38 : la chasteté est un chemin de liberté.

  • Pour un partage avec d’autres, avec mon accompagnateur. Pour un approfondissement personnel
  • Quelle est mon désir (ce qui est autre chose qu’un besoin) de faire la volonté de Dieu aujourd’hui ?
  • Évoquer une situation où je me croyais libre. À quel ajustement Dieu m’a-t-il conduit ? Ou vers quoi veut-il me conduire ?
  • Ma vie me paraît-elle unifier ? Comment être en paix?

Vous pouvez télécharger le texte ici

mai 17, 2020

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